Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) est le texte qui permet de
traduire budgétairement les orientations que le Gouvernement souhaite mettre en
œuvre pour notre système social. Comme tous les ans, nous devons voter ce texte qui
fixe et oriente nos objectifs de dépenses de santé et sociales en fonction des prévisions
de recettes dont nous disposons.

Sur fond de crise sanitaire, sociale et économique, ce PLFSS ne ressemble à aucun autre.
La dette pour notre Sécurité Sociale s’établit cette année à plus de 44,4 milliards d’euros,
un déficit extrêmement préoccupant qui fragilise notre système social à long terme et
dans son entièreté.

Je considère que des revalorisations salariales des professions de santé étaient
effectivement nécessaires, tout comme un plan d’investissement pour nos hôpitaux
publics qui en ont indéniablement besoin. En revanche, mon inquiétude est vive
lorsqu’on sait que cela n’est financé qu’avec du déficit et de la dette, on ne peut pas dire
qu’il s’agisse d’une manière sérieuse de revaloriser des salaires qui étaient gelés depuis
10 ans. Le Ségur de la santé estimait notamment en juin 2019 à 7500 le nombre de
postes vacants.

Indépendamment des revalorisations salariales pour nos personnels soignants de
réelles et capitales insatisfactions persistent. Les professionnels du secteur privé ainsi
que les professionnels libéraux sont les grands oubliés de ce texte. Par ailleurs, force est
de constater que la création de la cinquième branche (qui concernera l’autonomie de
nos aînés) ne dispose pour l’heure pas des moyens financiers suffisants, à la hauteur des
besoins réels de nos aînés. Il est, sur ce point, primordial d’accès nos politiques
publiques en faveur de l’investissement dans les EHPAD, du statut et du salaire des
personnels soignants et des prestataires à domicile, du développement des mesures du
maintien à domicile…

Pour rappel, l’an dernier le Gouvernement ne mentionnait nulle part les compensations
dues par l’Etat à la sécurité sociale dont celles de la désocialisation des heures
supplémentaires et des mesures « gilets jaunes » qui pèsent sur les finances sociales et
permettraient pourtant de dégager des financements. Il avait fait reposer une part
massive de la dette sur la CADES et ne prend toujours aucun engagement quant à des
économies à faire dans son propre budget. Le financement de la prise en charge de la
perte d’autonomie se base sur une réduction de la part de CSG affectée à la CADES (ce
qui rallonge le remboursement de la dette) plutôt que sur une part accrue de CSG dédiée
à ce sujet.

Des avancées concrètes sont toutefois à saluer et à soutenir comme l’investissement
pour nos hôpitaux publics ou encore l’allongement du congé paternité. Néanmoins et sur ce point, force est de constater que la branche famille devra se consoler avec une mesure
qui sera sûrement bien accueillie mais qui ne relève absolument pas d’une mesure
ambitieuse de politique familiale.

Je suis dernièrement intervenu à plusieurs reprises en séance publique notamment pour
défendre le secteur médico-social qui souffre d’un manque criant de moyens humains et
matériels. J’ai également soutenu et défendu de nombreux amendements proposés par
mes collègues Les Républicains portant sur divers sujets comme la branche vieillesse ou
encore la branche famille.

Je reste plus que jamais attentif à l’ensemble des discussions qui se déroulent en
commission comme en Séance. J’ai voté contre la première lecture de ce texte et espère
que le Sénat apportera des modifications essentielles et ambitieuses pour notre Sécurité
sociale.

Vous pouvez compter sur ma pleine détermination à défendre des mesures de bon sens,
pragmatiques et financièrement soutenables. Je reste à votre entière écoute malgré les
circonstances actuelles et vous assure être déterminé pour que notre pays trouve des
solutions aux multiples fractures qui le divisent.