Les maladies liées au COVID-19 sont terribles. On connaît le nombre exponentiel de patients admis dans les services hospitaliers et en réanimation. On sait désormais également que les symptômes peuvent être persistants dans la durée pour les patients qui en sont atteints. Mais, nous n’avons que peu de recul sur les conséquences médicales et sanitaires que peut créer la contamination sur le long terme.

Au-delà du COVID-19 et au-delà des patients qui en souffrent, une nouvelle crise apparaît, une crise qu’il nous faut dès aujourd’hui anticiper avec la plus grande prudence et rigueur.

L’inquiétude est vive quant aux maladies psychiques et psychologiques qui se développent à un rythme effréné dans notre pays. Le nombre de dépressions diagnostiquées explosent et le nombre de suicides risque d’être effroyable. Selon les dernières études sur le sujet, le taux de dépression serait passé de 10 à 21% dans la population en six semaines seulement.

« une nouvelle crise apparaît, une crise qu’il nous faut dès aujourd’hui anticiper »

Les Français sont restés un tiers de l’année confinés – parfois dans de très petites surfaces et sans extérieur –, l’atmosphère est anxiogène, la solitude est naturellement de plus en plus pesante pour ceux qui sont concernés, les perspectives sur l’avenir sont imprévisibles. La peur, l’angoisse et l’anxiété sont les sentiments les plus partagés par nos concitoyens. J’en ai bien conscience. Je reçois de nombreuses interpellations sur des situations personnelles alarmantes. Les pages d’actualité défilent, ne suscitant qu’inquiétude, et peu de nouvelles réjouissantes nous parviennent. Le Gouvernement n’anticipe rien, aucune projection n’est faite pour redonner un peu de souffle à notre économie et au moral des Français. Je le regrette profondément.

La politique ne se résume pas à la gestion des situations. Le Gouvernement devrait délivrer aux Français des messages positifs, il devrait susciter l’espoir. Car, et c’est là ma conviction profonde : nous nous sortirons de cette crise comme notre pays a toujours su dépasser les pires situations. Mais, comme dans tout moment difficile, nous avons besoin de nous projeter dans le temps. Or, et pour l’heure, aucune mesure n’a été annoncée sur l’après confinement.

Par ailleurs, une autre crainte doit susciter toute notre attention. Par peur de la contamination, à cause de la surcharge des structures et des personnels de santé, par manque de moyens et parce que nos déplacements sont excessivement limités, les autres maladies – non prises en charge ou non diagnostiquées – vont indéniablement faire de nouvelles victimes. Egalement, les patients atteints de pathologies nécessitant des soins réguliers n’accèdent parfois plus à leur traitement. De nombreuses opérations ont été décalées sur le territoire (on en compte par exemple 60% à Lyon). Enfin, il ne faut pas omettre le nombre de personnes vivant avec une maladie qui n’a pas pu être diagnostiquée et dont les conséquences seront désastreuses dans un futur proche.

« La politique ne se résume pas à la gestion des situations.

Le Gouvernement devrait délivrer aux Français des messages positifs, il devrait susciter l’espoir. »

Cette situation d’exception nous confronte à une faillite importante de notre système de santé dans sa globalité.

Je tenais à vous dire que je suis à vos côtés et que vous pouvez compter sur ma présence et ma détermination à faire avancer l’intégralité des problématiques qui se présentent à nous. Je tiens également à vous encourager à aller consulter votre médecin en cas de symptômes, quels qu’ils soient. En ces temps troubles, il ne faut pas hésiter à communiquer avec vos proches et, le cas échéant, avec des professionnels de santé. 

Plus déterminé que jamais, je ne manquerai pas d’agir et d’intervenir auprès du Gouvernement afin que nul ne soit laissé pour compte, afin que les réponses aux problèmes des Français soient à la hauteur de la tâche qui nous incombe.

Très fidèlement,
Alain RAMADIER
Député de la Seine-Saint-Denis