Cet après-midi, je suis intervenu en Commission par visioconférence, en interrogeant Madame Katia JULIENNE, Directrice générale de l’offre de soins, sur la crise sanitaire. J’ai attiré son attention sur la lenteur de la vaccination dans notre pays, la France étant en effet à la 21ème place de l’Union européenne pour l’injection de la première dose et à la 26ème place pour l’injection de la seconde dose, soit avant-dernière des pays membres de l’UE. J’ai également souhaité connaitre sa position sur la logistique déployée pour acheminer les vaccins dans les territoires, logistique calamiteuse qui n’est nullement adaptée à l’urgence et la gravité de la situation sanitaire. Je l’ai également interrogée sur a stratégie nationale pour faire face au manque de masques, de lits, de matériels d’oxygénothérapie… Beaucoup nous manque aujourd’hui encore pour endiguer cette crise.

Retrouvez ici mon intervention :

« Le 7 février, on comptait en France 19 715 nouveaux cas confirmés en une seule journée. On déplore par ailleurs environ 79 000 décès dans notre pays depuis le début de l’épidémie.

Dans le détail, le France est le 22ème pays au monde le plus touché par la pandémie avec une mortalité de 1 171 décès par million d’habitants. En nombre de personnes vaccinées : la France est à la 21ème place de l’Union européenne pour l’injection de la première dose et à la 26ème place pour l’injection de la seconde dose, soit avant-dernière des pays membres de l’UE.

A ce rythme, la France ne vaccinerait toute sa population adulte qu’en 2026. Constat aussi édifiant que consternant.

Au retard européen dans la commande de vaccins, s’ajoute la faillite logistique de notre pays. Après le manque révoltant de masques au début de la pandémie, le manque de matériels dans les services de réanimation et le manque de personnels soignants, nous sommes depuis plusieurs semaines confrontés à la logistique calamiteuse dans la distribution et l’approvisionnement des vaccins. Il manque d’ailleurs 7 500 infirmiers et aides-soignants pour faire face aux besoins.

Où en est-on de l’approvisionnement des vaccins ? Combien de vaccins disposons-nous en stock à l’heure actuelle à échelle nationale ? Qu’en est-il de la répartition des vaccins selon les territoires ? Sont-ils fournis à hauteur des besoins en termes de personnes prioritaires ? où en est-on également du recrutement des personnels soignants manquants ?

Plus globalement, existe-il une stratégie pour l’après COVID ? Avez-vous élaboré un plan de sortie de crise ? Avez-vous anticipé la fin de l’épidémie ?

Par ailleurs, Philippe JUVIN demande depuis plusieurs semaines qu’on puisse négocier l’achat de la licence des vaccins afin de constituer des chaînes de production en urgence. Ou en sommes-nous sur ce dossier ?  Il propose également d’autoriser dans les plus brefs délais les autres vaccins en s’alignant sur les décisions britanniques et canadiennes. Quelle est votre position sur ce point ?

Nos objectifs de vaccination ont malheureusement été revus drastiquement à la baisse. En effet, le Gouvernement a annoncé le 28 janvier dernier qu’il y aurait des baisses en approvisionnement avec seulement 1 million de personnes qui recevront la première dose en février, contre 1,4 millions de personnes pour le mois de janvier. Ces prévisions sont bien en-deçà de l’objectif des 4 millions de personnes vaccinées fin février, objectif pourtant annoncé par nul autre que le Ministre des Solidarités et de la Santé.

A titre d’exemple et à l’heure actuelle 20% des tests positifs réalisés ont détecté la présence de variants étrangers en Seine-Saint-Denis. Il est plus que grand temps de développer massivement la stratégie vaccinale. »