À la surprise générale, mardi 16 février, au Sénat, un amendement du Gouvernement permettant le vote par anticipation a été déposé lors de l’examen du Projet de loi organique relatif à l’élection présidentielle.

L’application de cet amendement permettrait aux français qui le désirent de pouvoir voter dans une autre commune (celle de leur choix), vote qui s’effectuerait sur une machine à voter durant la semaine qui précède le scrutin.

Si on ne peut que s’inquiéter de la crise démocratique que notre pays connait depuis de très nombreuses années et si je déplore les taux phénoménaux de l’abstention durant les dernières élections, cette solution n’est pas la bonne.

Aucune concertation avec les maires n’a été établie par le Gouvernement alors même que ces derniers ont la responsabilité de l’organisation des élections. Par ailleurs, j’estime que la campagne précédent une élection s’arrête la veille du scrutin. L’intention de vote peut varier quelques jours avant échéance et l’électeur qui aura voté ne pourra nullement modifier son vote si une information nouvelle arrive avant la fin de la campagne.

En l’espèce, le Conseil d’Etat n’a pas été saisi pour se prononcer sur cette mesure et aucun débat parlementaire n’a eu lieu alors même que ce sujet est d’une importance trop importante pour s’y soustraire.

Il faut également ajouter à cela qu’en France, le vote par correspondance avait été supprimé en 1975 sur fond de fraude électorale.

En pleine crise sanitaire, économique, sociale que traverse notre pays, je crois qu’il est des sujets bien plus essentiels et qu’il est plus urgent que les parlementaires se concentrent sur les sujets qui préoccupent grandement les Français.

Alain RAMADIER
Votre Député