C’est tard dans la nuit du Mercredi 9 juin 2021 que l’Assemblée nationale a terminé l’examen des 1590 amendements relatifs à la troisième lecture du Projet de loi bioéthique. J’ai voté « contre » ce texte, tout comme 43 députés présents dans l’Hémicycle. Le texte a néanmoins été adopté avec 84 députés qui se sont prononcés favorablement.

La bioéthique englobe un champ large de questions éthiques et sociétales liées aux innovations médicales qui impliquent directement une manipulation du vivant.

En l’espèce, il y aura un élargissement de l’accès aux technologies déjà disponibles en matière de procréation et conséquences sur la filiation, des dons d’éléments ou produits du corps humain seront autorisés et il sera désormais possible de créer des embryons transgéniques, des embryons chimères.

Par ailleurs, si l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux femmes seules et aux couples de femmes est bel et bien actée dans le texte, aucune garantie n’a été prévue pour poser une interdiction de la Gestation Pour Autrui, ce que beaucoup d’amendements – tous rejetés – proposaient.

Pour toutes ces raisons, j’ai voté « contre » ce texte.

Comme je l’avais rappelé lors de la deuxième lecture du texte, le véritable questionnement que nous devons avoir à l’esprit est le suivant : est-ce que ce qui est scientifiquement possible est humainement souhaitable ? Cette question exige des réponses pensées et établies avec prudence et hauteur.

Les sujets liés à la bioéthique ne doivent pas seulement être légiférés selon les progrès techniques ou encore le poids de plus en plus important des demandes sociétales. Ces sujets doivent au contraire convoquer la prudence de tous et suivre un principe de précaution.

Malheureusement, force est de constater que ces mots n’auront trouvé que peu d’échos lors des discussions et du vote de ce texte en troisième, et dernière, lecture.